• Journée mondiale du refus de la misère

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    Urgence sociale pour les personnes en situation de handicap !

     

    A l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, l’Association des paralysés de France (APF) tient à rappeler que plus d’un million de personnes en situation de handicap vivent sous le seuil de pauvreté : bénéficiaires de l’AAH ou de rentes et pensions d’invalidité, chômeurs de longue durée, bénéficiaire du RSA, retraités pauvres, etc.

    Face à cette situation dramatique, l’APF est engagée notamment via le Collectif Alerte pour lutter contre toutes les formes de pauvreté et d’exclusion. L’APF propose également des solutions sur sa plateforme citoyenne collaborative #2017Agirensemble et invite les citoyennes et citoyens, les organisations de la société civile à y faire part des leurs.

    L’association rappelle que le véritable changement auquel aspirent les personnes en situation de précarité dont font partie nombre de personnes en situation de handicap est la création d’un revenu personnel d’existence décent, dont le calcul serait déconnecté des ressources du conjoint, l’attribution sécurisée et l’octroi des droits connexes simplifié et automatisé.

     

    Un million de personnes sont aujourd’hui bénéficiaires de l’allocation adultes handicapées (AAH) auxquelles il faut ajouter les bénéficiaires de rentes et pensions d’invalidité, les retraités, les bénéficiaires du rsa et les travailleurs pauvres en situation de handicap.

    Les quelques avancées concernant l’AAH obtenues ces derniers mois, si elles sont importantes, restent insuffisantes et partielles et n’apportent pas de réponse durable aux personnes en situation de handicap. La misérable revalorisation de l’AAH de 0,80cts d’euros en avril dernier a représenté un véritable affront à cette situation.

    L’APF rappelle que l’objectif premier est de sortir les personnes en situation de handicap d’une vie passée sous le seuil de pauvreté.

    Aujourd’hui, l’APF constate, avec regret, que le sujet de la précarité de millions de concitoyens ne fait toujours pas parti des enjeux portés par les candidats à la campagne présidentielle ! Les personnes en situation de handicap ne peuvent pas attendre un quinquennat de plus, il y a urgence sociale !

     

    Ainsi, à l’occasion des élections présidentielle et législatives à venir, l’APF a lancé une plateforme citoyenne collaborative #2017Agirensemble, ouverte à toutes et à tous pour co-construire des propositions permettant une société solidaire ouverte à toutes et tous.

    Les solutions proposées sur la plateforme #2017Agirensemble visent à créer un revenu d’existence pour tous, à lutter contre le non-recours aux prestations sociales, à généraliser la couverture médicale universelle complémentaire, à simplifier les démarches administratives ou encore à renforcer les services sociaux de proximité.

    L’APF appelle les citoyennes et citoyens, les organisations de la société civile à apporter leurs contributions sur cette plateforme afin d’élaborer et de porter, ensemble, des propositions pour en finir avec la précarité !

  • L’APF et la LDH révoltées

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    Le mercredi 12 octobre 2016

    Communiqué de presse

    L’APF et la LDH révoltées par la discrimination dont est victime une étudiante en situation de handicap !

    Signez la pétition en ligne

     

    L'Association des paralysés de France (APF) et la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) sont scandalisées par la discrimination dont est victime Amélie, étudiante en situation de handicap en khâgne au lycée Molière à Paris 16e. Amélie fait face à un refus catégorique d’aménagements simples (transfert de la salle de classe au rez-de-chaussée, passage par une porte permettant d’éviter quelques marches) l’empêchant ainsi de suivre sa scolarité normalement ! Pire, l’administration a même demandé à Amélie de ne plus se présenter dans son établissement, considérant « que celui-ci n'avait pas à accueillir des élèves en situation de handicap » !

    Ces propos, qui renvoient les personnes en situation de handicap à un temps où elles étaient exclues de la société, sont inadmissibles, honteux et indignes d’un lycée public !

    L'APF et la LDH lancent une pétition en ligne et demandent à Mme Najat Vallaud-Belkacem d’intervenir pour que le lycée Molière continue d’accueillir Amélie – en prenant en compte les besoins spécifiques de cette élève qui nécessite des aménagements simples – et de rappeler à l’ensemble des responsables d’établissements scolaires leurs obligations en matière de scolarisation dans les conditions définies par la loi « handicap » du 11 février 2005.

     

    Amélie est atteinte d'une pathologie qui réduit fortement sa mobilité depuis cet été, et a donc demandé une modification des lieux de cours du 2e étage du lycée au rez-de-chaussée afin de pouvoir suivre sa scolarité comme tout le monde. L’ensemble des élèves de cet établissement et la majorité des professeurs soutiennent Amélie dans sa requête.

    L’administration du lycée lui a opposé un refus catégorique, y compris le passage par la porte d’entrée des enseignants (située à un mètre de l’entrée principale des élèves) qui aurait pourtant permis à Amélie de pouvoir s’aider de la main courante pour monter quelques marches. Une barrière a même été installée devant cette entrée montrant ainsi la farouche volonté de ne pas accueillir d'élèves en situation de handicap !

    L’administration du lycée souhaite qu'Amélie soit accueillie dans un autre établissement et lui a signifié ce lundi 10 octobre sa volonté de l'exclure du lycée. Au regard de la situation, les étudiants sont mobilisés aux côtés de leur camarade et une réunion d'urgence a eu lieu avec le Rectorat de Paris. Ce dernier a persisté dans le refus d’accueillir Amélie en proposant, à nouveau, de scolariser Amélie dans un autre lycée.

     

    L'APF et la LDH sont outrées par cette situation de discrimination flagrante et par ce non-respect des droits fondamentaux des personnes en situation de handicap. Les associations dénoncent le traitement humiliant infligé à Amélie en totale contradiction avec la loi handicap de 2005 qui prévoit l'accès des tous les élèves en situation de handicap à la formation scolaire.

    Dans le cas d'Amélie, les solutions sont faciles à mettre en œuvre : il s'agit simplement de faire cours dans une salle au rez-de-chaussée au lieu du 2e étage !

    Au-delà de la question de l'accessibilité des établissements scolaires, il est ici question des conditions d'accueil des personnes en situation de handicap dans les établissements publics français.

    L'APF et la LDH apportent tout leur soutien à Amélie et à sa famille ainsi qu’à tous les élèves du lycée qui se sont élevés contre des pratiques discriminatoires et qui demandent #JusticePourAmélie.

    Ainsi, l'APF et la LDH demandent à Mme Vallaud-Belkacem de veiller à l’inclusion scolaire d’Amélie, comme le demande la loi de refondation de l’école de la République de 2013 et de permettre à Amélie de poursuivre sa scolarité dans des conditions dignes.

    Et enfin de rappeler à l’ensemble des responsables d’établissements scolaires leurs obligations en matière de scolarisation dans les conditions définies par la loi « handicap » du 11 février 2005.

     

      

     

     

     

    Extrait de l’article 20 de la loi du 11 février 2005, affiché le 11 octobre par les élèves sur la façade de l’établissement :

     

    1. - Après l'article L. 123-4 du code de l'éducation, il est inséré un article L. 123-4-1 ainsi rédigé :

    « Art. L. 123-4-1. - Les établissements d'enseignement supérieur inscrivent les étudiants handicapés ou présentant un trouble de santé invalidant, dans le cadre des dispositions réglementant leur accès au même titre que les autres étudiants, et assurent leur formation en mettant en oeuvre les aménagements nécessaires à leur situation dans l'organisation, le déroulement et l'accompagnement de leurs études. »